Le discours de tout individu se situe à la fois dans sa source et dans sa destination dans un rapport au grand autre ( qu'on écrit avec une majuscule Autre ).

Ce dernier ne désigne pas autrui avec qui entre en relation l'être humain, mais au contraire prend un sens topique, comme foyer des coupures de la chaîne de signifiants dont se constitue le discours, lieu d'émergence du sujet par un signifiant, qui ne le représente que pour un autre signifiant . Cela implique la règle fondamentale suivant laquelle tout être humain est assujetti à une glose irréductible sur une altérité . Qu'est-ce-à dire ? Il faut à tout prix qu'il s'exprime dans son quotidien à tous ses interlocuteurs pour n'importe qu'elle demande à condition que cette dernière soit le plus souvent emprunte de désir ( signifiant ), et qu'elle n'aille pas aboutir à un signifié dont le contenu débouche sur de l'imaginaire envahissant non digérable pour autrui, et donc non acceptable .

Ceci va être riche de conséquences pour sa propre connaissance et sa propre compréhension de soi-même .

En effet, l'être humain va être l'effet de signifiants dans sa relation intersubjective avec les autres, dans un entrecroisement de désirs inséparables du signifiant même, car le langage va devenir au rapport signifiant-signifié, au sens saussurien du terme, ce qui va constituer et déterminer les êtres humains entre eux et par rapport à eux .

Le langage ou symbolique est donc bien l'ordre du signifiant par lequel le sujet advient, et qui constitue l'altérité où il se détermine . Si aucun signifié ne peut venir saturer le signifiant dont il n'est qu'un effet fugace, ce dernier ne se prête à aucune sorte de cogitation, et détermine l'inconscient du sujet comme discours de l'Autre .