On a souvent analysé l'angoisse en l'assimilant à différents symptôme psychanalytiques comme par exemple l'état de détresse, la peur, l'effroi et autres états face à la perception ou à l'imperception de dangers réels, voire même d'angoisse face à la pulsion ( et notamment de la pulsion de mort, pulsion suprême, car intrinséquement conflictuelle dans son expressivité et sa représentativité, et ce sur le plan intérieur et sur le plan extérieur chez chacun de nous tous du fait de son incontrôle par l'être lui-même ) .

Si la genèse théorique a cherché à la rattacher au traumatisme de naissance de tout un chacun, voire de l'expliquer à tout prix par rapport à un évènement originel qu'on ne cesse sans arrêt de retarder et de reculer dans le temps, de peur de l'affronter inconsciemment dans sa crudité , il revient sans conteste à Freud d'avoir cerner l'angoisse comme angoisse essentiellement de castration, état par lequel tout le monde doit passer via le refoulement originaire d'une part, et d'autre part de la situer dans le monde symbolique ou de langage comme l'a fait Jacques Lacan ensuite .

La meilleure illustration de cet état angoissant dans le psychisme humain nous est fourni par l'insomnie . Car ce n'est pas tant ce mal qui est gênant pour l'individu à postériori, mais bien à priori le fait d'affronter l'heure du coucher . Le sommeil en tant que tel ne peut aucunément être assimilé dans sa globalité qu'à un repos stricto sensu, mais aussi il doit l' être à une capacité pour le cerveau à oeuvrer dans le travail du rêve . Et là l'insomnie même gênante pour l'individu, a sa fonction propre du fait que le cerveau continue à travailler et à élaborer du sens .

Sans insomnies les premiers psychanlystes n'auraient jamais pu développer la théorie sur la surdétermination, et ni à Jacques Lacan de fonder sa célèbre thèse sur l'inconscient structuré comme un langage .

N'est-ce-pas la philosophie qui nous a enseigné qu'un mal nécessaire peut soigner ?