La sortie de cure réussie du patient le place dans une position de reconsidération du temps et de l'espace .

D'ailleurs lorsque Jacques Lacan avait élaboré sa théorie de l'inconscient structuré comme un langage , il amorçait un replacement du sujet de l'inconscient à une réappréhension de son espace et de son temps .

Je pense que dans une certaine façon osée , nous allons bientôt assister à une réapproche de la conception de l'espace dans lequel tout laisse à penser que l'infinitude de l'espace n'a d'égal que l'unicité du sujet de l'inconscient ou de l' être humain , dans lequel se posera la primauté de l'un sur l'autre , à défaut de leur complémentarité . Et d'ailleurs si demain l'être humain était confronté à des extra-terrestres , qui peut affirmer ou infirmer que sa démarche vis-à-vis d'eux ne serait pas exempt de projection dénégative, à défaut de réciprocité de ces derniers . Rappelons-nous des paroles de Saint Thomas d'Aquin qui demandait à ses pairs : comment voulez-vous que l'être humain aime les autres s'il ne s'aime pas lui-même ? Et ajoutons que cette réflexion faisait suite à son constat négatif de l'analyse de la Nature qu'il avait effectué . Et d'une certaine manière ne faisait-il pas descendre Dieu de Son piédestal en "séculaisant " Ses Paroles ?

Loin de là doit être envisagé le fait d'imputer à l'être humain une quelconque mission divine ou providentielle qui de toute façon ne lui conviendrait aucunément ( et en l'occurrence c'est la sortie de cure qui le confirme , puisque cette dernière en fin d'étape laisse le patient se délivrer lui-même de ces multiples mirages qui n'ont eu de cesse que d'empoisonner sa courte existence participative à un langage en continuel développement ) .

Les analystes du cerveau aiment à prendre comme exemple actuellement les perceptions différenciées de l'espace et du temps par l'être humain .

Cela est normal du fait de l'utilisation d'une infime partie du cerveau quant à la perception du temps et de l'espace, du fait comme ils disent que métaphoriquement il peut être considéré comme une éponge mouillée .

D'où la création du noeud borroméen par les psychanalystes pour décrire trois cercles noués entre eux afin de décrire une structure subjective ( entre le réel, le symbolique et l'imaginaire ) .