Avant de répondre à cette question importante qu'on relève très souvent durant la cure , notamment lorsque le patient est allongé sur le divan , il faut impérativement rappeler que la notion de culpabilité a fait l'objet d'une recherche théorique très vaste , suite à la surprise des premiers psychanalystes face aux dits des analysants .

Car si certains dits culpabilisateurs pouvaient être rattachés directement à la personnalité même de l'analysant , d'autres dits à l'inverse semblaient complètement étrangers à leurs personnes . Comme si des idées venaient d'autres horizons extra-subjectifs .

Il revient sans contestation à Jacques Lacan d'avoir élaboré une théorie du sujet divisé suite à l'instauration de la métaphore paternelle qui fait suite au refoulement originaire et qui marque l'accès et la soumission du sujet au langage ( comme ordre symbolique ) , et qui comme tel le ferait penser de deux manières inconciliables , sur deux plans , à savoir , le sien propre et un autre plan assimilé à un lieu ou grand Autre . Il y aurait donc un sujet qui occuperait une PLACE et un LIEU occupé par l' Autre .

Et le drame là-dedans c'est que l'être humain est sans arrêt envahi par des pensées qu'il aimerait arrêter , tout en constatant que ses efforts répétitifs sont vains .

Il faut savoir que le caractère inconscient du sentiment de culpabilité , qui comme tel peut être ignoré du sujet , s'exprime dans les formes pathologiques d'un besoin de punition , dans les reproches que se fait à lui-même le névrosé obsessionnel , dans les conduites d'échec , dans la tristesse devant le succès , dans la mélancolie , dans la réaction thérapeutique négative ou la résistance à la guérison lors de la cure analytique .

Si on ajoute à cela que ces idées culpabilisatrices se "bonifient"avec l'âge du patient , il faut impérativement lui montrer que tout cet assemblage est lié a sa création même en tant que sujet de l'inconscient , sujet d'un savoir qu'il ignore et qui est en continuelle création .