se comprendre pour comprendre les autres

05-07-17

Le fonctionnement de l'Inconscient .

Ce dernier fonctionne comme un langage . D'où la fameuse formule de Jacques Lacan " l'Inconscient structuré comme un langage " .

Déjà avec Freud, dans le cadre de sa théorie de la condensation et du déplacement, suite à ses travaux sur le travail du rêve, on pouvait déjà affirmer que ces deux modes essentiels du fonctionnement des processus inconscients primaires, agissaient comme des manifestations latentes produisant du sens à découvrir dans une analyse .

Suite aux thèses de Roman Jacobson sur la linguistique, Lacan a pu retrouver dans les notions de condensation et de déplacement les procédures appelées métaphore et métonymie de la rhétorique classique .

La suprématie du signifiant (synonyme de désir et de manque), élément constitutif du langage et donc du symbolique, consacre ce glissement incessant de la signification ( et donc du sens ) qui va caractériser le fonctionnement de l'Inconscient . Et ainsi donc le désir va devenir une quête, et le symptôme une expression, que l'on va retrouver à partir des figures de la métonymie et de la métaphore .

D'où le "ça parle" dans nos cerveaux , constituant en cela un véritable discours insistant, impossible à taire et constamment réprimé, en demande de décryptage .

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29-05-17

Frustration, privation et castration en psychanalyse .

La frustration s'est vue détournée de son sens en psychanalyse à cause de l'usage courant qu'on lui a attribué notamment en psychologie comportementaliste, en l'assimilant à de la privation .

Ce qui est en jeu dans cette matière c'est l'attente de réponse propre à une demande vis-à-vis de l'autre et des autres, que chaque personne essaie d'avoir et qui le plus souvent est sans réponse et donc déçue .

En cure, via le transfert, l'analysant se rend compte après-coup que son analyste, de par son silence ne répond jamais à ses demandes, et ni à fortiori ne le rend satisfait, c'est ce que le principe économique d'abstinence confirme .

Car le discours de chaque individu est demande de caution de figures illusoires, effet de l'assemblage imaginaire qu'il propose de lui-même à son semblable, et qui ne sont au fond que des façons de se saisir en personnalité différente .

Les trois notions de notre intitulé sont des expression magistrales des conséquences de l'extériorité de chaque personne, la privation désignant le manque réel d'un objet du langage dans le sens où il a une valeur privilégiée dans le critère intersubjectif; la castration quant à elle doit être envisagée dans un sens de manque langagique étroitement liée au complexe d'oedipe et à sa problématique essentiellement universelle .

 

13-04-17

Le conflit psychique

Le conflit psychique définit une situation dans laquelle s'opposent en un même individu des tendances contraires internes .

Sur le plan psychanalytique il se présente comme opposition entre les différents systèmes ou instances de l'appareil psychique , entre des pulsions contraires , ou suivant la dynamique des couples d'opposés .

L'introduction de la deuxième topique bouleverse ce schéma par la suggestion d'un combat intrasubjectif entre  des instances psychiques , défendant chacune les attributs de l'ordre dont elle est originaire : sévérité de la loi symbolique pour le surmoi , persistance de l'imaginaire pour le moi , impossibilité du réel pour le ça . L'entée en scène des figures d'Eros et de Thanatos enfin , et en particulier de ce dernier sous les aspects de la pulsion de mort , assoit la question du conflit sur le foyer fulgurant de celle-ci , comme principe même de désunion , de combat , de séparation et d'opposition .

Cette notion répond de la volonté fortement affirmée de Freud de proposer une conception dynamique du psychisme .

Le conflit psychique avec la répétition qu'il implique , traduit les moments critiques de l'existence de l'être humain , dans lesquels il échoue à faire advenir sa propre réalité , et son propre équilibre , condamnant par là même le psychanalyste à le lui confirmer .

Si on considère que chaque être humain est caractérisé par le poids d'un appareil psychique dans lequel des instances passent inconsciemment le temps à se disputer leurs attributs respectifs, et que ces instances internes subjectives sont liées à la création même de l'humanité, installée dans une finalité, voire dans des fins supérieures communes qui nous échappent, ou peut donc dire sans ambages que nous sommes tous égaux face à une mystériosité universelle qui nous échappe .

 

 

22-03-17

L'angoisse comme symbole de la castration et de la pulsion de mort .

On a souvent analysé l'angoisse en l'assimilant à différents symptôme psychanalytiques comme par exemple l'état de détresse, la peur, l'effroi et autres états face à la perception ou à l'imperception de dangers réels, voire même d'angoisse face à la pulsion ( et notamment de la pulsion de mort, pulsion suprême, car intrinséquement conflictuelle dans son expressivité et sa représentativité, et ce sur le plan intérieur et sur le plan extérieur chez chacun de nous tous du fait de son incontrôle par l'être lui-même ) .

Si la genèse théorique a cherché à la rattacher au traumatisme de naissance de tout un chacun, voire de l'expliquer à tout prix par rapport à un évènement originel qu'on ne cesse sans arrêt de retarder et de reculer dans le temps, de peur de l'affronter inconsciemment dans sa crudité , il revient sans conteste à Freud d'avoir cerner l'angoisse comme angoisse essentiellement de castration, état par lequel tout le monde doit passer via le refoulement originaire d'une part, et d'autre part de la situer dans le monde symbolique ou de langage comme l'a fait Jacques Lacan ensuite .

La meilleure illustration de cet état angoissant dans le psychisme humain nous est fourni par l'insomnie . Car ce n'est pas tant ce mal qui est gênant pour l'individu à postériori, mais bien à priori le fait d'affronter l'heure du coucher . Le sommeil en tant que tel ne peut aucunément être assimilé dans sa globalité qu'à un repos stricto sensu, mais aussi il doit l' être à une capacité pour le cerveau à oeuvrer dans le travail du rêve . Et là l'insomnie même gênante pour l'individu, a sa fonction propre du fait que le cerveau continue à travailler et à élaborer du sens .

Sans insomnies les premiers psychanlystes n'auraient jamais pu développer la théorie sur la surdétermination, et ni à Jacques Lacan de fonder sa célèbre thèse sur l'inconscient structuré comme un langage .

N'est-ce-pas la philosophie qui nous a enseigné qu'un mal nécessaire peut soigner ?

 

13-02-17

La partition en deux parties de l'être humain en psychanalyse

L'étude de la psychose et du fétichisme a permis à Freud de dégager un phénomène original du fonctionnement psychique qui consiste en la coexistence simultanée au sein du Moi de deux attitudes contradictoires , " l'une qui tient compte de la réalité , l'attitude normale , l'autre qui sous l'influence des pulsions , détache le Moi de la réalité " .

Au départ il avait relié tout cela aux effets du refoulement .

Il a mis ensuite en évidence un processus se démarquant du modèle du refoulement , dans la mesure où il présente la particularité " de ne pas aboutir à la formation d'un compromis entre les deux attitudes en présence , mais de les maintenir simultanément sans qu'il s'établisse entre elles de relation dialectique ".

Cette analyse était l'aboutissement de recherches surprenantes lors du déroulement des cures analytiques , du fait que les analysants livraient des paroles que Freud avait du mal à rattacher à leurs personnalités propres , mais au contraire apparaissaient étrangères à leurs constitutions subjectives , jusqu'à apparaître transindividuelles .

Cette étude dans le domaine des pensées et idées envahissantes pouvait aussi s'appliquer dans le domaine des rêves , surtout ceux prémonitoires qui deviennent de véritables voyances décrites par Claude Levis - Strauss dans l'analyse des croyances des tribus , ou dans les travaux de Jakobson .

Nous remarquerons que ces idées envahissantes se développent aussi à un certain âge , notamment celles liées à la culpabilisation , et que , dans ce dernier cas elles deviennent insistantes , à défaut d'être surprenantes de par leur étrangeté , pour le sujet de l'inconscient lui-même .

C'est l'admission du sujet au langage suite au refoulement originaire , qui explique ce phénomène linguistique .

Et les insistances de ces paroles cérébrales ne sont que le constat d'un langage en continuelle construction , d'un symbolique angoissé de ne pouvoir se réaliser sûrement et qui se sert des individus pour s'exécuter .

Mais surtout cette analyse spécifique du Moi ne doit point nous faire oublier qu'il fonctionne inconsciemment, de façon on pourrait dire hypnotique, voire anesthésiante.


24-01-17

La bande de moebius et l ' Autre .

En fin d'analyse le patient se rend compte qu'il a mis fin à un véritable parcours du combattant qui consiste à lui dévoiler non pas la compréhension de son intrinsèque , mais surtout à découvrir ses relations avec une extériorité qui se situe dans le temps ( antérieur à son existence , passé , présent , futur , et postérieur à sa vie actuelle ) , sans nécéssairement en maîtriser le contenu . Et pour cause, c'est qu'au sein de chaque analysant un aspect phylogénétique et ontologique domine . C'est ce qu'avait constaté Sigmund Freud dans sa théorie du fatum . Un véritable destin qui prédomine en chacun de nous tous . Les philosophies et spiritualités extrême-orientales ont avec constructions mentales bien montrées et développées cette antériorité de l'être humain, jusqu'à même affirmer que tout être humain avait choisi sa vie avant sa nouvelle vie actuelle ( voir Karma ) , avant sa nouvelle naissance sur terre présentement .

Car c'est l'insistance d'un discours intérieur qui lui signifie tout cela . Le "ça parle dans tout sujet de l'inconscient" doit être passé au peigne fin de l'analyse non pas pour enlever la caractéristique de ce qui est inhérent à tout être humain , à savoir la prédominance d'un cerveau en continuelle parlotte insue , mais bien de rapporter le tout à un ensemble quasi-mathématique fait de surfaces qui s'ouvrent pour se refermer aussitôt , qui s'entrebâillent et se difforment dans une consistance en recherche de sens  , sans compter aussi sur les béances qui à peine ouvertes se referment instamment . C'est tout cela la bande de moebius , dont l'affirmation profonde dépend de l'Autre qui ne passe son temps qu'à refermer un trou qu'il a ouvert .

Ne serait-ce pas métaphoriquement ce que nous connaissons physiquement de l'univers avec la gravitation ?

Le patient reste bien le centre gravitationnel d'un mouvement de l'inconscient , impossible à taire ainsi que constamment réprimé , dont le corps devient un véritable champs de bataille activé par l'Autre , via les pulsions dont s'originent les signifiants .

 

 

 

24-12-16

La notion de sens en psychanalyse .

On rentre en analyse lorsqu'on se rend compte que dans les autres disciplines on a pas réussi à se satisfaire d'une compréhension proposée intérieure de soi-même .

Est-ce à dire que la psychanalyse va approfondir la connaissance intérieure de chaque analysant ?

Nous avions déjà souligné dans ce blog que l'analyste va devenir, grâce au transfert, un outil, un moyen de libération d'un discours intérieur insistant du curiste, et cela grâce notamment à son silence .Ce qui pose pour tout analysant une demande à l'encontre de son analyste, de lui fournir des explications sur un discours impossible à taire et constamment réprimé, qui surgit  en général à la suite de sommeils et de rêves . Car toutes analyses va s'orienter vers sa fin à décrypter l'insistance d'un autre discours intérieur, qui doit être décortiqué par rapport aux instances constituant l'appareil psychique et à la fonction du refoulement .

On voit déjà bien que cette entrée en psychanalyse va se faire à l'initiative même du patient .

Car l'approfondissement intérieur est un concept fuyant aux pourtours indécis, et qu'ainsi on va glisser vers la notion de compréhension de sens lié à la dimension d'altérité , deux termes qui vont être intimement liés . Si bien que dans certaines situations les possibilités et les impossibilités de sens et de son déploiement vont être tributaires de la place qu'y occupe autrui dans la vie de tous les jours, avec les méfaits ou les bienfaits que cela implique .

Cela devient sensible sous la forme de la ponctuation du discours de l'analysant tout au long de sa cure par le poids dont se charge son défilé sous l'incidence du transfert .On voit donc bien que la sortie réussie d'analyse va passer d'une demande d'une connaissance interne de l'individu, qui a initié sa demande de psychanalyse, à une volonté de compréhension intersubjective, et donc aussi environnementale . Car c'est cette dernière qui est déterminante dans nos vies, par les influences qu'elle implique .

 

 

12-11-16

La primauté du signifiant sur le concept . ( suite ) .

Tous les philosophes ( dont est issue la psychanalyse ) à toutes les époques se sont attelés à cette tâche d'interroger le réel dans un sens heuristique .

Différence entre l'intellectualisme et la sagesse, voire la spiritualité . Le questionnement sur la nature de l'âme indépendamment des localisations des parties  du cerveau analysées en détail par les neuroscientifiques .

D'ailleurs dans les mass-médias actuels les analyses détaillées ne sont que redites inscrites dans des gloses sur une altérité qui n'est là que pour peupler un réel qui fait peur . Les humoristes, comme Hergé, les surnommaient des mitrailleuses à bavette ou mieux des mitraillettes à baveuse .

Avec Freud on a appris que l'être humain était avant tout quelqu'un d'énergétique qui passait son temps, du matin jusqu'au soir, à modifier son activité psychique pour la réduire à zéro, afin d'éliminer toute excitation qui nuisait à son Moi .

Dès lors on voit bien qu'on ne peut retenir une conception uniquement scientifico-biologique de l'homme par la simple observation d'une évacuation énergétique, indépendamment du principe d'une déduction de la différenciation des fonctions et des capacités de connaissance .

N'est-ce-pas là la prise de conscience de la valeur de l'inconscient, eu égard au mode de fonctionnement psychique selon le processus secondaire ?

La supériorité du signifiant consacre bien l'idée d'un savoir exceptionnel qui n'a rien à voir nos approches perceptives, et qui ne correspondent en rien à un degré supérieur d'approfondissement de soi .

20-10-16

L'altérité irréductible de l'être humain comme fondement de sa subjectivité .

L'altérité c'est donc bien l'Autre, l'inconscient de l'être humain, pris constamment dans les filets d'une chaîne de désirs issue de l'intersubjectivité, lieu de l'Autre .

Car c'est l'intersubjectivité qui va constituer la dynamique subjective jusqu'à en être sa source .

La psychopathologie va centrer tout le travail de l'analyste sur tous les rapports extérieurs de l'environnement de l'analysant, rapports bien entendu à connotation désirante ou signifiante et manquante . Et ce à la fois sur le plan spatial qu'historique .

Il va s'en conclure que tout être humain est plus façonné par l'influence des désirs des autres que par sa propre nature constitutive .

Sa soi-disante réalité va se situer entre le refoulement originaire qu'il a dû subir à sa naissance, et l'espace que fixe l'Autre .

C'est dans cet espace que le narcissisme essaie de créer une cohérence subjective dominée par une méconnaissance chronique de tout un chacun . Et c'est cette méconnaissance qui va poursuivre l'individu à chaque stade du développement de son assise, bref de son réel qui le colle et dont il ne va avoir qu'une appréhension à défaut de l'organiser .

Tout dans le discours de chacun est marqué par l'altérité, et cela dès la naissance car la parole va naître à partir de quelqu'un d'autre, les parents au départ qui vont constituer le tiers représentatif .

Dans le dialogue alors va se montrer pour chacun des interlocuteurs des signes qui doivent fixer l'attention. Mais l'altérité peut aussi avoir un caractère objectif . Celui de toujours mieux faire dans la sublimation, voire de l'immanence .

 Nous sommes tous égaux face à la solitude, trait de l'absence, car nous sommes tous possédés par les instances d'un appareil psychique, d'où le fait que ces solitudes se manifestent de mille manières .

 

17-06-16

Aliénation et méconnaissance en psychanalyse .

Ces deux qualificatifs sont importants à analyser en psychanalyse notamment lors de la rentrée en cure du fait de cette demande insistante de la part de l'analysant lui-même pressé de connaître et comprendre les déterminations dont il est issu sur les plans personnel et professionnel tout le long de son devenir .

Car c'est bien de cela qu'il est question ici étant donné que l'on recense plusieurs déterminismes, et ces derniers vont poser l'énorme problème de la responsabilité personnelle quant au déroulement des étapes de sa vie qui semblerait être marquée par de très nombreux ratés comme on le croît à tort .

Il faut se plonger dans la genèse théorique du Moi pour en comprendre les différentes facettes .

Le Moi est un organe adaptatif naissant à partir de l'inconscient au contact et sous les exigences de la réalité extérieure, advenu par l'identification à une image de soi-même, dépendante de la présence d'autrui .

Son inscription dans un champ d'intersubjectivité, où il se forme sous les déterminations signifiantes d'autrui, ce par quoi se profile constamment derrière sa clôture illusoire la charge d'altérité qui constitue son fondement permet de voir que sa fonction d'adaptation à la réalité ne peut se concevoir en faisant l'économie du poids d'aliénation où il s'établit .

La permanence d'unité subjective qu'il garantit doit se mesurer à l'illusion d'autonomie dans laquelle il s'installe, et par laquelle sa prétendue adaptation à la réalité n'est au fond que l'aménagement imaginaire d'un domaine de méconnaissance narcissique où il se complaît .Il est frappant de constater que tout individu menacé par son réel interne, fera tout pour retrouver une forme d'équilibre, afin d'affronter les situations qui lui échappent, et qui n'est au fond qu'une façon de différer les échéances . Il est évident que tout le monde aime préserver ses repères propres .

A partir de là on comprend bien que la sortie de cure va devenir une situation fondamentale de connaissance relative de soi-même eu égard à tout ce mécanisme de détermination qui agit au sein de nous tous .