se comprendre pour comprendre les autres

16-10-17

Le phallus

Le phallus a une double fonction.

Il est le signifiant privilégié qui marque par sa présence de signifiant, la précarité de tout effet signifié autonome, indépendamment du jeu des signifiants qui le détermine.

Cela a lieu d'autre part, par la valeur de signifiant de phallus, cause du désir,tel que l'exprime la mère dans la forme classique du complexe de castration, la mère qui devient le symbole du grand autre( Autre ), à travers son discours adressé à l'infans.

C'est dans l'Autre donc que le sujet trouve à entendre le sens de son discours, et par là l'articulation de son désir, comme discours et comme désir de l'Autre.

Et pour accéder à l'ordre symbolique, à l'ordre du signifiant, la mère fait s'évanouir l'ombre imaginaire d'un signifié plein, auquel risque toujours de s'aliéner l'infans ou enfant, et lui permet ainsi d'accéder à l'ordre symbolique du langage, en tant que sujet soumis à la loi du signifiant. Et donc l'être humain va devenir responsable par la limitation de ce signifié plein matérialisé dans le narcissisme .

Et cela en faisant intervenir le père dans cette relation à trois.

C'est la métaphore paternelle qui y préside.

L'enfant en accédant au symbolique, s'interdit le désir d'inceste par la reconnaissance de la fonction paternelle, non plus sous les espèces de la rivalité ou de la convoitise, mais comme fondement du désir maternel.

La fin d'analyse permet à un sujet d'advenir dans cet ordre symbolique, débarrassé des signifiés attachés à la mère, depuis sa plus tendre enfance.

Cet article a l'avantage de nous montrer le rôle que va avoir le signifiant dans sa dimension de désir et donc de sexualité pour chaque être humain, et ainsi une fonction de détermination dans la destinée de chacun de nous tous . Si on ajoute à cela le poids qu'a le fantasme, toutes nos relations intersubjectives sont bien dominées par le sexe dans un axe de tiers représentatif façonné par la force du phallus, par le poids et la puissance phallique dominatrice .


02-09-17

L'être humain est inséparable pour se comprendre du mouvement des signifiants .

Le discours de tout individu se situe à la fois dans sa source et dans sa destination dans un rapport au grand autre ( qu'on écrit avec une majuscule Autre ).

Ce dernier ne désigne pas autrui avec qui entre en relation l'être humain, mais au contraire prend un sens topique, comme foyer des coupures de la chaîne de signifiants dont se constitue le discours, lieu d'émergence du sujet par un signifiant, qui ne le représente que pour un autre signifiant . Cela implique la règle fondamentale suivant laquelle tout être humain est assujetti à une glose irréductible sur une altérité . Qu'est-ce-à dire ? Il faut à tout prix qu'il s'exprime dans son quotidien à tous ses interlocuteurs pour n'importe qu'elle demande à condition que cette dernière soit le plus souvent emprunte de désir ( signifiant ), et qu'elle n'aille pas aboutir à un signifié dont le contenu débouche sur de l'imaginaire envahissant non digérable pour autrui, et donc non acceptable .

Ceci va être riche de conséquences pour sa propre connaissance et sa propre compréhension de soi-même .

En effet, l'être humain va être l'effet de signifiants dans sa relation intersubjective avec les autres, dans un entrecroisement de désirs inséparables du signifiant même, car le langage va devenir au rapport signifiant-signifié, au sens saussurien du terme, ce qui va constituer et déterminer les êtres humains entre eux et par rapport à eux .

Le langage ou symbolique est donc bien l'ordre du signifiant par lequel le sujet advient, et qui constitue l'altérité où il se détermine . Si aucun signifié ne peut venir saturer le signifiant dont il n'est qu'un effet fugace, ce dernier ne se prête à aucune sorte de cogitation, et détermine l'inconscient du sujet comme discours de l'Autre .

12-08-17

L'être humain, être dominé par son imaginaire.

C'est son inscription dans un champ d'intersubjectivité, où l'individu se forme sous les déterminations signifiantes d'autrui que se manifeste le plus la domination de son propre imaginaire, ce par quoi se profile constamment une clôture illusoire .

Car grâce à son Moi, sa capacité d'adaptation à la réalité ne peut se concevoir sans l'économie du poids d'aliénation et donc de méconnaissance permanente qui constitue toute sa constitution humaine.

La permanence d'unité subjective ne doit se mesurer que par rapport à l'illusion d'autonomie dans laquelle s'installe tout individu, et dans laquelle sa prétendue adaptation à la réalité n'est au fond que l'aménagement imaginaire d'un domaine de méconnaissance narcissique où tout être humain semble se complaîre.

 On voit bien dans ce schéma que tout être humain désirant doit,  pour réussir son existence, passer par le stade de sujet voué au désir ( ou sujet désirant ) à celui de sujet désiré .

 A partir de ces constatations il est évident que chaque personne va communiquer durant tout son devenir humain sur trois plans : 

 1, sur le plan du signifiant ( qui est primordial chez Ferdinand de Saussure ), et qui n'est d'autre que le désir;

 2, au niveau du réel apparaissant comme l'impossible à exprimer dans un dialogue interindividuel de dislocation de la subjectivité ( notable dans la division du Moi ), suite à laquelle l'être humain va avoir du mal à s'imprégner de signifiant indispensable au respect sa constitution identitaire,

 3, au niveau de l'imaginaire lieu primordial du signifié ( et qui donc se situe dans une insistance d'une chaîne signifiée de la même manière que celle des signifiants ), lieu de méconnaissance et d'aliénation du Moi . 

 

05-07-17

Le fonctionnement de l'Inconscient .

Ce dernier fonctionne comme un langage . D'où la fameuse formule de Jacques Lacan " l'Inconscient structuré comme un langage " .

Déjà avec Freud, dans le cadre de sa théorie de la condensation et du déplacement, suite à ses travaux sur le travail du rêve, on pouvait déjà affirmer que ces deux modes essentiels du fonctionnement des processus inconscients primaires, agissaient comme des manifestations latentes produisant du sens à découvrir dans une analyse .

Suite aux thèses de Roman Jacobson sur la linguistique, Lacan a pu retrouver dans les notions de condensation et de déplacement les procédures appelées métaphore et métonymie de la rhétorique classique .

La suprématie du signifiant (synonyme de désir et de manque), élément constitutif du langage et donc du symbolique, consacre ce glissement incessant de la signification ( et donc du sens ) qui va caractériser le fonctionnement de l'Inconscient . Et ainsi donc le désir va devenir une quête, et le symptôme une expression, que l'on va retrouver à partir des figures de la métonymie et de la métaphore .

D'où le "ça parle" dans nos cerveaux , constituant en cela un véritable discours insistant, impossible à taire et constamment réprimé, en demande de décryptage .

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18-06-17

La dette symbolique .

L'accès au langage, que toute personne va connaître suite au refoulement originaire, dès sa naissance, ne peut se concevoir gratuitement . Car il va suivre des impératifs vérifiables dans le temps et l'espace . Des sociétés les plus primitives jusqu'aux plus évoluées, même si cela a été critiqué par plusieurs courants de pensée .

L'accès au langage comme ordre symbolique nécessaire aux échanges économiques va permettre à chaque individu de se soumettre à une loi sociale qui est présente avant sa naissance, aboutissant en cela à une véritable initiation source de conflits et de violences .

La culpabilité va devenir le prix à payer, la dette dans laquelle va s'engager la communauté à la suite de son inscription dans l'ordre de la loi .

Ainsi comme le disait saint Paul, et la psychanalyse en confirme la sentence, c'est la loi qui fait le péché, et la culpabilité lui est consubstantielle .

Cette situation va aboutir à présenter le psychisme humain dans une dimension universellement conflictuelle, dominé par un trouble permanent et souterrain de la pulsion de mort ( à examiner dans la dictature des idées envahissantes ) .


29-05-17

Frustration, privation et castration en psychanalyse .

La frustration s'est vue détournée de son sens en psychanalyse à cause de l'usage courant qu'on lui a attribué notamment en psychologie comportementaliste, en l'assimilant à de la privation .

Ce qui est en jeu dans cette matière c'est l'attente de réponse propre à une demande vis-à-vis de l'autre et des autres, que chaque personne essaie d'avoir et qui le plus souvent est sans réponse et donc déçue .

En cure, via le transfert, l'analysant se rend compte après-coup que son analyste, de par son silence ne répond jamais à ses demandes, et ni à fortiori ne le rend satisfait, c'est ce que le principe économique d'abstinence confirme .

Car le discours de chaque individu est demande de caution de figures illusoires, effet de l'assemblage imaginaire qu'il propose de lui-même à son semblable, et qui ne sont au fond que des façons de se saisir en personnalité différente .

Les trois notions de notre intitulé sont des expression magistrales des conséquences de l'extériorité de chaque personne, la privation désignant le manque réel d'un objet du langage dans le sens où il a une valeur privilégiée dans le critère intersubjectif; la castration quant à elle doit être envisagée dans un sens de manque langagique étroitement liée au complexe d'oedipe et à sa problématique essentiellement universelle .

 

13-04-17

Le conflit psychique

Le conflit psychique définit une situation dans laquelle s'opposent en un même individu des tendances contraires internes .

Sur le plan psychanalytique il se présente comme opposition entre les différents systèmes ou instances de l'appareil psychique , entre des pulsions contraires , ou suivant la dynamique des couples d'opposés .

L'introduction de la deuxième topique bouleverse ce schéma par la suggestion d'un combat intrasubjectif entre  des instances psychiques , défendant chacune les attributs de l'ordre dont elle est originaire : sévérité de la loi symbolique pour le surmoi , persistance de l'imaginaire pour le moi , impossibilité du réel pour le ça . L'entée en scène des figures d'Eros et de Thanatos enfin , et en particulier de ce dernier sous les aspects de la pulsion de mort , assoit la question du conflit sur le foyer fulgurant de celle-ci , comme principe même de désunion , de combat , de séparation et d'opposition .

Cette notion répond de la volonté fortement affirmée de Freud de proposer une conception dynamique du psychisme .

Le conflit psychique avec la répétition qu'il implique , traduit les moments critiques de l'existence de l'être humain , dans lesquels il échoue à faire advenir sa propre réalité , et son propre équilibre , condamnant par là même le psychanalyste à le lui confirmer .

Si on considère que chaque être humain est caractérisé par le poids d'un appareil psychique dans lequel des instances passent inconsciemment le temps à se disputer leurs attributs respectifs, et que ces instances internes subjectives sont liées à la création même de l'humanité, installée dans une finalité, voire dans des fins supérieures communes qui nous échappent, ou peut donc dire sans ambages que nous sommes tous égaux face à une mystériosité universelle qui nous échappe .

 

 

22-03-17

L'angoisse comme symbole de la castration et de la pulsion de mort .

On a souvent analysé l'angoisse en l'assimilant à différents symptôme psychanalytiques comme par exemple l'état de détresse, la peur, l'effroi et autres états face à la perception ou à l'imperception de dangers réels, voire même d'angoisse face à la pulsion ( et notamment de la pulsion de mort, pulsion suprême, car intrinséquement conflictuelle dans son expressivité et sa représentativité, et ce sur le plan intérieur et sur le plan extérieur chez chacun de nous tous du fait de son incontrôle par l'être lui-même ) .

Si la genèse théorique a cherché à la rattacher au traumatisme de naissance de tout un chacun, voire de l'expliquer à tout prix par rapport à un évènement originel qu'on ne cesse sans arrêt de retarder et de reculer dans le temps, de peur de l'affronter inconsciemment dans sa crudité , il revient sans conteste à Freud d'avoir cerner l'angoisse comme angoisse essentiellement de castration, état par lequel tout le monde doit passer via le refoulement originaire d'une part, et d'autre part de la situer dans le monde symbolique ou de langage comme l'a fait Jacques Lacan ensuite .

La meilleure illustration de cet état angoissant dans le psychisme humain nous est fourni par l'insomnie . Car ce n'est pas tant ce mal qui est gênant pour l'individu à postériori, mais bien à priori le fait d'affronter l'heure du coucher . Le sommeil en tant que tel ne peut aucunément être assimilé dans sa globalité qu'à un repos stricto sensu, mais aussi il doit l' être à une capacité pour le cerveau à oeuvrer dans le travail du rêve . Et là l'insomnie même gênante pour l'individu, a sa fonction propre du fait que le cerveau continue à travailler et à élaborer du sens .

Sans insomnies les premiers psychanlystes n'auraient jamais pu développer la théorie sur la surdétermination, et ni à Jacques Lacan de fonder sa célèbre thèse sur l'inconscient structuré comme un langage .

N'est-ce-pas la philosophie qui nous a enseigné qu'un mal nécessaire peut soigner ?

 

13-02-17

La partition en deux parties de l'être humain en psychanalyse

L'étude de la psychose et du fétichisme a permis à Freud de dégager un phénomène original du fonctionnement psychique qui consiste en la coexistence simultanée au sein du Moi de deux attitudes contradictoires , " l'une qui tient compte de la réalité , l'attitude normale , l'autre qui sous l'influence des pulsions , détache le Moi de la réalité " .

Au départ il avait relié tout cela aux effets du refoulement .

Il a mis ensuite en évidence un processus se démarquant du modèle du refoulement , dans la mesure où il présente la particularité " de ne pas aboutir à la formation d'un compromis entre les deux attitudes en présence , mais de les maintenir simultanément sans qu'il s'établisse entre elles de relation dialectique ".

Cette analyse était l'aboutissement de recherches surprenantes lors du déroulement des cures analytiques , du fait que les analysants livraient des paroles que Freud avait du mal à rattacher à leurs personnalités propres , mais au contraire apparaissaient étrangères à leurs constitutions subjectives , jusqu'à apparaître transindividuelles .

Cette étude dans le domaine des pensées et idées envahissantes pouvait aussi s'appliquer dans le domaine des rêves , surtout ceux prémonitoires qui deviennent de véritables voyances décrites par Claude Levis - Strauss dans l'analyse des croyances des tribus , ou dans les travaux de Jakobson .

Nous remarquerons que ces idées envahissantes se développent aussi à un certain âge , notamment celles liées à la culpabilisation , et que , dans ce dernier cas elles deviennent insistantes , à défaut d'être surprenantes de par leur étrangeté , pour le sujet de l'inconscient lui-même .

C'est l'admission du sujet au langage suite au refoulement originaire , qui explique ce phénomène linguistique .

Et les insistances de ces paroles cérébrales ne sont que le constat d'un langage en continuelle construction , d'un symbolique angoissé de ne pouvoir se réaliser sûrement et qui se sert des individus pour s'exécuter .

Mais surtout cette analyse spécifique du Moi ne doit point nous faire oublier qu'il fonctionne inconsciemment, de façon on pourrait dire hypnotique, voire anesthésiante.

24-01-17

La bande de moebius et l ' Autre .

En fin d'analyse le patient se rend compte qu'il a mis fin à un véritable parcours du combattant qui consiste à lui dévoiler non pas la compréhension de son intrinsèque , mais surtout à découvrir ses relations avec une extériorité qui se situe dans le temps ( antérieur à son existence , passé , présent , futur , et postérieur à sa vie actuelle ) , sans nécéssairement en maîtriser le contenu . Et pour cause, c'est qu'au sein de chaque analysant un aspect phylogénétique et ontologique domine . C'est ce qu'avait constaté Sigmund Freud dans sa théorie du fatum . Un véritable destin qui prédomine en chacun de nous tous . Les philosophies et spiritualités extrême-orientales ont avec constructions mentales bien montrées et développées cette antériorité de l'être humain, jusqu'à même affirmer que tout être humain avait choisi sa vie avant sa nouvelle vie actuelle ( voir Karma ) , avant sa nouvelle naissance sur terre présentement .

Car c'est l'insistance d'un discours intérieur qui lui signifie tout cela . Le "ça parle dans tout sujet de l'inconscient" doit être passé au peigne fin de l'analyse non pas pour enlever la caractéristique de ce qui est inhérent à tout être humain , à savoir la prédominance d'un cerveau en continuelle parlotte insue , mais bien de rapporter le tout à un ensemble quasi-mathématique fait de surfaces qui s'ouvrent pour se refermer aussitôt , qui s'entrebâillent et se difforment dans une consistance en recherche de sens  , sans compter aussi sur les béances qui à peine ouvertes se referment instamment . C'est tout cela la bande de moebius , dont l'affirmation profonde dépend de l'Autre qui ne passe son temps qu'à refermer un trou qu'il a ouvert .

Ne serait-ce pas métaphoriquement ce que nous connaissons physiquement de l'univers avec la gravitation ?

Le patient reste bien le centre gravitationnel d'un mouvement de l'inconscient , impossible à taire ainsi que constamment réprimé , dont le corps devient un véritable champs de bataille activé par l'Autre , via les pulsions dont s'originent les signifiants .