se comprendre pour comprendre les autres

10-12-18

Relations entre soi-même et les autres en psychanalyse .

L'altérité est déterminante en psychanalyse et nécessite une approche immédiate . Il faut le répéter le désir est fondamental pour tout être humain, notamment dans notre époque contemporaine du fait de l'invasion de l'image . Ce que l'on rencontre chez les curistes au cours d'une analyse c'est cette envie d'être à la fois connu et reconnu . Mais nous allons le voir la sortie réussie d'analyse va conduire à un tout autre résultat .

Le problème de l'altérité va se poser à tort chez tout un chacun comme le fait de se sortir de la solitude . C'est oublier que l'altérité irréductible de l'être humain va se situer sur les plans objectif et subjectif, car dans le premier cas elle va se matérialiser par le fait d'avoir une activité sociale et personnelle permanente, et dans le deuxiéme cas l'être humain va ressentir le besoin de se retrouver habituellement entouré de personnes . On voit bien que dans ces deux situations c'est bien pour l'individu le fait d'être en permanence occupé, par peur du vide et de l'ennui, voire par l'angoisse d'une routine permanente .

Mais l'impression de solitude est toujours présente malgré le fait d'être en permanence occupé . Si on analyse bien la situation c'est que rien ne décrète que le sens de nos vies consiste à déboucher vers un caractère intersubjectif humain . La fin d'analyse montre que c'est l'individu lui-même qui a orienté le plus souvent son analyse vers une recherche approfondie de connaissance et de compréhension de soi-même loin des canons du regard des autres, et qu'en fait la cure aboutit à une volonté de dépassement du désir élément constitutif du langage ou du symbolique .

Sans analyse on discerne bien que nos façons de vivre ne sont victimes que de nos fantasmes et de nos mirages . Tout compte fait n'y aurait-il pas ici en l'occurrence les deux facettes de la personnalité humaine ? A savoir le corps et l'esprit, et que la soi-disante solitude devient une étape décisive de connaissance de son âme qui posséde un langage bien particulier .

Comme disait Jacques Lacan, tout individu est dominé par sa " langue" et devient donc un " parlêtre ", aboutissant nécessairement à une glose sur l"altérité, qui dans un certain sens semblerait le conduire à une loghorrée permanente, dans laquelle aucun de ses dits ne se rattache à des éléments de la chaîne signifiante .

Il faut se l'avouer à soi-même, ce n'est pas entouré qu'on avance dans la connaissance intérieure . Car à force de gloser on s'oublie et s'éloigne, tributaire de nos mirages internes .

 


16-11-18

Le désir du psychanalyste .

Le désir du psychanalyste avait été systématisé par Jacques Lacan  sur le plan théorique  suite à l'élaboration de la notion elle-même irrationnelle de la passe .

Reprenons le schéma scientifique de cette démarche intellectuelle .

Nous savons maintenant que Lacan avait une orientation multidisciplinaire liée à sa formation elle-même complexe , comme d'ailleurs celle de Sigmund Freud , qui rappelons-le ici était un assoifé de connaissances, comme le furent tous les psychanlystes de l'époque, mélangeant philosophie et littérature de l'Antiquité .

Nous avions déjà souligné dans ce blog que nous étions tous soumis via le refoulement originaire au passage obligé du complexe de castration , et cela dès notre naissance , dès notre " plus france entendre " comme aimait le souligner Hergé .

L'analogie de cette règle se retrouve en droit positif , dans la règle que tout le monde est soumis à la loi , voire que " nul n'est censé ignorer la loi " .

D'ailleurs nous verrons ultérieurement que l'esprit de la psychanalyse a d'innombrales similitudes avec l'esprit de la loi  , dont les applications sont multiples dans le droit jurisprudentiel .

Le déroulement de la cure livre à la systématisation théorique deux acteurs qui se neutralisent , 1 ) d'un côté l'analysant tributaire du silence de son psychanalyste , silence qui le surprend , 2 ) l'analyste qui laisse la parole libérée de l'analysant s'agencer et s'orienter sans l'intervention du premier , lui aussi surpris .

A la fin d'analyse le psychanalyste permet la sortie de cure de l'analysant par la livraison de dits que l'analysant a exprimé en situation allongée , à condition bien entendu que ces paroles s'inscrivent dans la chaîne signifiante .

Car si ce n'est pas le cas , cette dernière continuera d'insister dans les réveils brusques du patient lui signifiant le quasi-échec de sa sortie de cure .

Dans une cure on le voit bien deux désirs se côtoient , celui de l'analysant et celui de l'analyste , deux désirs qui participent sur deux plans différents à l'évolution commune d'un langage en continuelle évolution , comme dans la nature avec l'instinct .

 

27-10-18

L'être humain face à la relativité des effets de sa fin d'analyse .

La fin d'analyse permet à l'être humain de ne pas être face à lui-même ,  mais d'être face à son inconscient .

C'est ce dernier qui lui signifie les délimitations de ses pourtours , mais surtout qui lui en dévoile ses limites relatives .

Prenons l'exemple du sexe omniprésent dans la vie du sujet . Ce n'est pas parce que l'être humain possède des organes génitaux qu'il est à fortiori un être sexué . C'est surtout parce qu'il est passé par un canal vaginal à sa création , et que , à cause de cela , des traces continuent de le hanter tout le long de son devenir , de la même manière que les effets d'un aimant pour des objets ferreux , jusqu'à déterminer en son sein des attitudes automatiques dans le regard des formes corporelles vis à vis de ses semblables . Loin de rentrer ici dans les significations sexuelles des uns et des autres, on peut néanmoins affirmer qu'inconsciemment nous sommes tous très loin de considérer le sexe comme modalité de procréation mais plutôt comme acte de domination ( et qu'on s'éloigne du principe de la reproduction régnant dans la nature ) . Ce qui faisait dire à Jacques Lacan que le rapport sexuel n'existe pas dans le sens de l'impossibilité où se trouve le sujet parlant de formuler sa relation au sexe .

Le meilleur exemple de ce type d'explication nous est fourni par les adepts de la science de la mémoire de l'eau , et même des végétaux .

La notion d'inconscient nous condamne à nous reconsidérer , bref à nous redéfinir sur un autre plan qui conjuguerait essence et existence , destin et destinée .

Et tout cela est à la genèse d'un langage qui nous détermine .

Ce dernier possèderait en son arsenal ce seul moyen pour nous faire mouvoir collectivement .

Ne nous y trompons pas , lorsque les biologistes se délectent à analyser les effets dramatiques de la chaîne alimentaire dans le monde animal , notre monde sexué qui guide nos comportements sociaux est bien le pendant du précédent , et dans ce cas là on peut conclure sans exagération que tout est basé sur l'ENVIE dans le monde du vivant , humains et animaux ensemble .

 

 

 

 

 

 

26-10-18

L'angoisse comme symbole de la castration et de la pulsion de mort .

On a souvent analysé l'angoisse en l'assimilant à différents symptôme psychanalytiques comme par exemple l'état de détresse, la peur, l'effroi et autres états face à la perception ou à l'imperception de dangers réels, voire même d'angoisse face à la pulsion ( et notamment de la pulsion de mort, pulsion suprême, car intrinséquement conflictuelle dans son expressivité et sa représentativité, et ce sur le plan intérieur et sur le plan extérieur chez chacun de nous tous du fait de son incontrôle par l'être lui-même ) .

Si la genèse théorique a cherché à la rattacher au traumatisme de naissance de tout un chacun, voire de l'expliquer à tout prix par rapport à un évènement originel qu'on ne cesse sans arrêt de retarder et de reculer dans le temps, de peur de l'affronter inconsciemment dans sa crudité , il revient sans conteste à Freud d'avoir cerner l'angoisse comme angoisse essentiellement de castration, état par lequel tout le monde doit passer via le refoulement originaire d'une part, et d'autre part de la situer dans le monde symbolique ou de langage comme l'a fait Jacques Lacan ensuite .

La meilleure illustration de cet état angoissant dans le psychisme humain nous est fourni par l'insomnie . Car ce n'est pas tant ce mal qui est gênant pour l'individu à postériori, mais bien à priori le fait d'affronter l'heure du coucher . Le sommeil en tant que tel ne peut aucunément être assimilé dans sa globalité qu'à un repos stricto sensu, mais aussi il doit l' être à une capacité pour le cerveau à oeuvrer dans le travail du rêve . Et là l'insomnie même gênante pour l'individu, a sa fonction propre du fait que le cerveau continue à travailler et à élaborer du sens .

Sans insomnies les premiers psychanlystes n'auraient jamais pu développer la théorie sur la surdétermination, et ni à Jacques Lacan de fonder sa célèbre thèse sur l'inconscient structuré comme un langage .

N'est-ce-pas la philosophie qui nous a enseigné qu'un mal nécessaire peut soigner ?

L'insomnie a la particularité primordiale aussi de nous montrer la force qu'ont les rêves comme conséquences d'un travail inconscient qui s'opère durant leur durée . C'est à partir de là que s'est élaborée la théorie de la règle fondamentale .

 

16-09-18

La psychanalyse des pensées intérieures .

Lorsqu'on pénètre à l'intérieur du monde des pensées, guidé par l'intuition d'un sens à découvrir, ce n'est pas un domaine balisé par des symboles univoques qu'on rencontre, mais un véritable labyrinthe .

Chacun des éléments du contenu des pensées s'offre comme une entrée de plusieurs galeries souterraines croisées, comme le départ de séries multiples de trains de pensées inconscientes .

C'est dans ce domaine que se vérifie l'action des problèmes liés à la condensation et au déplacement des idées, voire plus à la définition même du désir auxquels ils conduisent, quand ce dernier devient une quête de sens du fait de son glissement incessant de signification.

C'est pourquoi on aboutit à des précarités de fixation première des significations de pensées, que vient renverser la poussée de couches plus profondes, qui tendent aussitôt à faire surface .

L'entrelacement des ramifications des pensées inconscientes se resserrent toujours sur un point compact qui en dernier lieu recouvre l'inconnu du désir .


14-08-18

La circulation incessante des idées psychiques .

C'est dans le déplacement que se vérifie ce mécanisme nécessaire, étant donné qu'il conduit obligatoirement à une forme de nettoyage des pensées cérébrales, non pas nécessairement comme on le pense souvent scientifiquement mais plutôt heuristiquement .

Certes la science a la volonté de tout vouloir expliquer, mais il ne faut pas le faire en occultant des forces spirituelles présentes chez chacun de nous tous . ( En ce qui me concerne je crois comme je le vois dans les analyses, que nous participons chacun de nous tous à un langage en constante évolution, certainement vers un Verbe initial . ) .

A partir des thèses linguistiques de Roman Jacobson, selon lesquelles la construction de la phrase par un sujet parlant repose sur les opérations de choix sémantiques  à l'intérieur du champ des signifiants à sa disposition d'une part, et, d'autre part, de combinaisons syntaxiques des éléments choisis, on peut affirmer que l'action psychanalytique n'a d'efficace propre que dans le champ de la parole et du langage où elle se déploie .

Nous sommes donc tous soumis à la loi du signifiant et donc du manque et du désir, vis-à-vis d'objets subjectifs ou objectifs qui ont une intensité affective profonde, et qui circulent par substitution et glissement incessants matérialisés dans des pensées et idées envahissantes .

 

10-07-18

L'altérité irréductible de l'être humain comme fondement de sa subjectivité .

L'altérité c'est donc bien l'Autre, l'inconscient de l'être humain, pris constamment dans les filets d'une chaîne de désirs issue de l'intersubjectivité, lieu de l'Autre .

Car c'est l'intersubjectivité qui va constituer la dynamique subjective jusqu'à en être sa source .

La psychopathologie va centrer tout le travail de l'analyste sur tous les rapports extérieurs de l'environnement de l'analysant, rapports bien entendu à connotation désirante ou signifiante et manquante . Et ce à la fois sur le plan spatial qu'historique .

Il va s'en conclure que tout être humain est plus façonné par l'influence des désirs des autres que par sa propre nature constitutive .

Sa soi-disante réalité va se situer entre le refoulement originaire qu'il a dû subir à sa naissance, et l'espace que fixe l'Autre .

C'est dans cet espace que le narcissisme essaie de créer une cohérence subjective dominée par une méconnaissance chronique de tout un chacun . Et c'est cette méconnaissance qui va poursuivre l'individu à chaque stade du développement de son assise, bref de son réel qui le colle et dont il ne va avoir qu'une appréhension à défaut de l'organiser .

Tout dans le discours de chacun est marqué par l'altérité, et cela dès la naissance car la parole va naître à partir de quelqu'un d'autre, les parents au départ qui vont constituer le tiers représentatif .

Dans le dialogue alors va se montrer pour chacun des interlocuteurs des signes qui doivent fixer l'attention. Mais l'altérité peut aussi avoir un caractère objectif . Celui de toujours mieux faire dans la sublimation, voire de l'immanence .

 Nous sommes tous égaux face à la solitude, trait de l'absence, car nous sommes tous possédés par les instances d'un appareil psychique, d'où le fait que ces solitudes se manifestent de mille manières .

 

20-06-18

Les lois économiques régissant le psychisme .

Elle sont liées aux fonctions de liaison énergétique que soutient le Moi . En les considérant comme une modification de la tendance fondamentale de l'activité psychique à réduire à zéro le niveau d'excitation, à assurer un écoulement libre et complet de l'énergie psychique, ce que viennent exprimer les principes d'inertie, de nirvana ou de plaisir, qui traduisent en fait les états émotionnels que traversent tout le monde dans son quotidien, et le plus souvent résolus par une démarche à dimension très narcissique .

Il faut souligner ici que tout cela se situe sur un plan heuristique sans solution dans une approche théorique de localisations cérébrales . D'où le constat en général des médicamentations et solutions scientifiques qui ne tiennent pas compte de la valeur spirituelle de tout un chacun .

C'est Freud et Jung qui disaient que l'être humain peut régler ses problèmes intérieurs par lui-même, via un développement de la connaissance .

Et cette connaissance ne peut naître qu'à partir du refoulement originaire ( voir complexe d'oedipe ) . Si la théologie inscrit le sens de la vie de l'individu dans un salut de droit divin, la psychanalyse quant à elle le fait à partir d'un complexe oedipien créateur du désir ( ou signifiant ) . La science quant à elle dépasse les deux . Mais la fin de cure montre qu'en fait, au sein de ces trois voies tout est complémentaire .

05-05-18

La projection .

La projection est un processus par lequel un sujet reconnaît ou repère à l'extérieur une détermination psychique qu'il méconnaît ou refuse pour lui-même .

Il faut d'emblée préciser ici son caractère narcissique et son devenir comme source de parasitage dans la communication intersubjective, où elle peut être la cause d'un dialogue de sourds dont chacun n'a d'oreille pour le message d'autrui qu'à condition que ce soit le sien propre .

Cette situation semble relever de l'imaginaire, dans la mesure où, comme le notait Jacques Lacan, elle vient parer par une image au manque-à-être de chacun de nous tous dont nous faisons l'épreuve dans le symbolique .

Nous voyons bien en la demeure que le symbolique nous accule et nous précipite via le désir dans une chaîne signifiante, entre d'une part cet imaginaire règne du manque-à-être et d'autre part ce réel qui devient l'impossible symbolique .

Si on va plus loin, notamment dans le domaine de l'intersubjectivité et de la symptomatologie des névroses, la projection, en aboutissant à un dialogue de sourds et à un piège dans la communication humaine, va devenir complexe lorsqu'un un interlocuteur à un moment donné ira jusqu'à "pomper" des informations chez l'autre et les faire siennes, dans la mesure où elles apparaissent profondes et élaborées, jusqu'à les faire admettre .

Le domaine des idées peut être donc aussi un lieu de persuasion fictive comme l'avait pressenti en son temps Platon .

16-04-18

La reconsidération du temps et de l'espace en psychanalyse

La sortie de cure réussie du patient le place dans une position de reconsidération du temps et de l'espace .

D'ailleurs lorsque Jacques Lacan avait élaboré sa théorie de l'inconscient structuré comme un langage , il amorçait un replacement du sujet de l'inconscient à une réappréhension de son espace et de son temps .

Je pense que dans une certaine façon osée , nous allons bientôt assister à une réapproche de la conception de l'espace dans lequel tout laisse à penser que l'infinitude de l'espace n'a d'égal que l'unicité du sujet de l'inconscient ou de l' être humain , dans lequel se posera la primauté de l'un sur l'autre , à défaut de leur complémentarité . Et d'ailleurs si demain l'être humain était confronté à des extra-terrestres , qui peut affirmer ou infirmer que sa démarche vis-à-vis d'eux ne serait pas exempt de projection dénégative, à défaut de réciprocité de ces derniers . Rappelons-nous des paroles de Saint Thomas d'Aquin qui demandait à ses pairs : comment voulez-vous que l'être humain aime les autres s'il ne s'aime pas lui-même ? Et ajoutons que cette réflexion faisait suite à son constat négatif de l'analyse de la Nature qu'il avait effectué . Et d'une certaine manière ne faisait-il pas descendre Dieu de Son piédestal en "séculaisant " Ses Paroles ?

Loin de là doit être envisagé le fait d'imputer à l'être humain une quelconque mission divine ou providentielle qui de toute façon ne lui conviendrait aucunément ( et en l'occurrence c'est la sortie de cure qui le confirme , puisque cette dernière en fin d'étape laisse le patient se délivrer lui-même de ces multiples mirages qui n'ont eu de cesse que d'empoisonner sa courte existence participative à un langage en continuel développement ) .

Les analystes du cerveau aiment à prendre comme exemple actuellement les perceptions différenciées de l'espace et du temps par l'être humain .

Cela est normal du fait de l'utilisation d'une infime partie du cerveau quant à la perception du temps et de l'espace, du fait comme ils disent que métaphoriquement il peut être considéré comme une éponge mouillée .

D'où la création du noeud borroméen par les psychanalystes pour décrire trois cercles noués entre eux afin de décrire une structure subjective ( entre le réel, le symbolique et l'imaginaire ) .