se comprendre pour comprendre les autres

14-08-18

La circulation incessante des idées psychiques .

C'est dans le déplacement que se vérifie ce mécanisme nécessaire, étant donné qu'il conduit obligatoirement à une forme de nettoyage des pensées cérébrales, non pas nécessairement comme on le pense souvent scientifiquement mais plutôt heuristiquement .

Certes la science a la volonté de tout vouloir expliquer, mais il ne faut pas le faire en occultant des forces spirituelles présentes chez chacun de nous tous . ( En ce qui me concerne je crois comme je le vois dans les analyses, que nous participons chacun de nous tous à un langage en constante évolution, certainement vers un Verbe initial . ) .

A partir des thèses linguistiques de Roman Jacobson, selon lesquelles la construction de la phrase par un sujet parlant repose sur les opérations de choix sémantiques  à l'intérieur du champ des signifiants à sa disposition d'une part, et, d'autre part, de combinaisons syntaxiques des éléments choisis, on peut affirmer que l'action psychanalytique n'a d'efficace propre que dans le champ de la parole et du langage où elle se déploie .

Nous sommes donc tous soumis à la loi du signifiant et donc du manque et du désir, vis-à-vis d'objets subjectifs ou objectifs qui ont une intensité affective profonde, et qui circulent par substitution et glissement incessants matérialisés dans des pensées et idées envahissantes .

 


02-07-18

L'altérité irréductible de l'être humain comme fondement de sa subjectivité .

L'altérité c'est donc bien l'Autre, l'inconscient de l'être humain, pris constamment dans les filets d'une chaîne de désirs issue de l'intersubjectivité, lieu de l'Autre .

Car c'est l'intersubjectivité qui va constituer la dynamique subjective jusqu'à en être sa source .

La psychopathologie va centrer tout le travail de l'analyste sur tous les rapports extérieurs de l'environnement de l'analysant, rapports bien entendu à connotation désirante ou signifiante et manquante . Et ce à la fois sur le plan spatial qu'historique .

Il va s'en conclure que tout être humain est plus façonné par l'influence des désirs des autres que par sa propre nature constitutive .

Sa soi-disante réalité va se situer entre le refoulement originaire qu'il a dû subir à sa naissance, et l'espace que fixe l'Autre .

C'est dans cet espace que le narcissisme essaie de créer une cohérence subjective dominée par une méconnaissance chronique de tout un chacun . Et c'est cette méconnaissance qui va poursuivre l'individu à chaque stade du développement de son assise, bref de son réel qui le colle et dont il ne va avoir qu'une appréhension à défaut de l'organiser .

Tout dans le discours de chacun est marqué par l'altérité, et cela dès la naissance car la parole va naître à partir de quelqu'un d'autre, les parents au départ qui vont constituer le tiers représentatif .

Dans le dialogue alors va se montrer pour chacun des interlocuteurs des signes qui doivent fixer l'attention. Mais l'altérité peut aussi avoir un caractère objectif . Celui de toujours mieux faire dans la sublimation, voire de l'immanence .

 Nous sommes tous égaux face à la solitude, trait de l'absence, car nous sommes tous possédés par les instances d'un appareil psychique, d'où le fait que ces solitudes se manifestent de mille manières .

 

20-06-18

Les lois économiques régissant le psychisme .

Elle sont liées aux fonctions de liaison énergétique que soutient le Moi . En les considérant comme une modification de la tendance fondamentale de l'activité psychique à réduire à zéro le niveau d'excitation, à assurer un écoulement libre et complet de l'énergie psychique, ce que viennent exprimer les principes d'inertie, de nirvana ou de plaisir, qui traduisent en fait les états émotionnels que traversent tout le monde dans son quotidien, et le plus souvent résolus par une démarche à dimension très narcissique .

Il faut souligner ici que tout cela se situe sur un plan heuristique sans solution dans une approche théorique de localisations cérébrales . D'où le constat en général des médicamentations et solutions scientifiques qui ne tiennent pas compte de la valeur spirituelle de tout un chacun .

C'est Freud et Jung qui disaient que l'être humain peut régler ses problèmes intérieurs par lui-même, via un développement de la connaissance .

Et cette connaissance ne peut naître qu'à partir du refoulement originaire ( voir complexe d'oedipe ) . Si la théologie inscrit le sens de la vie de l'individu dans un salut de droit divin, la psychanalyse quant à elle le fait à partir d'un complexe oedipien créateur du désir ( ou signifiant ) . La science quant à elle dépasse les deux . Mais la fin de cure montre qu'en fait, au sein de ces trois voies tout est complémentaire .

04-06-18

La psychanalyse des pensées intérieures .

Lorsqu'on pénètre à l'intérieur du monde des pensées, guidé par l'intuition d'un sens à découvrir, ce n'est pas un domaine balisé par des symboles univoques qu'on rencontre, mais un véritable labyrinthe .

Chacun des éléments du contenu des pensées s'offre comme une entrée de plusieurs galeries souterraines croisées, comme le départ de séries multiples de trains de pensées inconscientes .

C'est dans ce domaine que se vérifie l'action des problèmes liés à la condensation et au déplacement des idées, voire plus à la définition même du désir auxquels ils conduisent, quand ce dernier devient une quête de sens du fait de son glissement incessant de signification.

C'est pourquoi on aboutit à des précarités de fixation première des significations de pensées, que vient renverser la poussée de couches plus profondes, qui tendent aussitôt à faire surface .

L'entrelacement des ramifications des pensées inconscientes se resserrent toujours sur un point compact qui en dernier lieu recouvre l'inconnu du désir .

05-05-18

La projection .

La projection est un processus par lequel un sujet reconnaît ou repère à l'extérieur une détermination psychique qu'il méconnaît ou refuse pour lui-même .

Il faut d'emblée préciser ici son caractère narcissique et son devenir comme source de parasitage dans la communication intersubjective, où elle peut être la cause d'un dialogue de sourds dont chacun n'a d'oreille pour le message d'autrui qu'à condition que ce soit le sien propre .

Cette situation semble relever de l'imaginaire, dans la mesure où, comme le notait Jacques Lacan, elle vient parer par une image au manque-à-être de chacun de nous tous dont nous faisons l'épreuve dans le symbolique .

Nous voyons bien en la demeure que le symbolique nous accule et nous précipite via le désir dans une chaîne signifiante, entre d'une part cet imaginaire règne du manque-à-être et d'autre part ce réel qui devient l'impossible symbolique .

Si on va plus loin, notamment dans le domaine de l'intersubjectivité et de la symptomatologie des névroses, la projection, en aboutissant à un dialogue de sourds et à un piège dans la communication humaine, va devenir complexe lorsqu'un un interlocuteur à un moment donné ira jusqu'à "pomper" des informations chez l'autre et les faire siennes, dans la mesure où elles apparaissent profondes et élaborées, jusqu'à les faire admettre .

Le domaine des idées peut être donc aussi un lieu de persuasion fictive comme l'avait pressenti en son temps Platon .


16-04-18

La reconsidération du temps et de l'espace en psychanalyse

La sortie de cure réussie du patient le place dans une position de reconsidération du temps et de l'espace .

D'ailleurs lorsque Jacques Lacan avait élaboré sa théorie de l'inconscient structuré comme un langage , il amorçait un replacement du sujet de l'inconscient à une réappréhension de son espace et de son temps .

Je pense que dans une certaine façon osée , nous allons bientôt assister à une réapproche de la conception de l'espace dans lequel tout laisse à penser que l'infinitude de l'espace n'a d'égal que l'unicité du sujet de l'inconscient ou de l' être humain , dans lequel se posera la primauté de l'un sur l'autre , à défaut de leur complémentarité . Et d'ailleurs si demain l'être humain était confronté à des extra-terrestres , qui peut affirmer ou infirmer que sa démarche vis-à-vis d'eux ne serait pas exempt de projection dénégative, à défaut de réciprocité de ces derniers . Rappelons-nous des paroles de Saint Thomas d'Aquin qui demandait à ses pairs : comment voulez-vous que l'être humain aime les autres s'il ne s'aime pas lui-même ? Et ajoutons que cette réflexion faisait suite à son constat négatif de l'analyse de la Nature qu'il avait effectué .

Loin de là doit être envisagé le fait d'imputer à l'être humain une quelconque mission divine ou providentielle qui de toute façon ne lui conviendrait aucunément ( et en l'occurrence c'est la sortie de cure qui le confirme , puisque cette dernière en fin d'étape laisse le patient se délivrer lui-même de ces multiples mirages qui n'ont eu de cesse que d'empoisonner sa courte existence participative à un langage en continuel développement ) .

Les analystes du cerveau aiment à prendre comme exemple actuellement les perceptions différenciées de l'espace et du temps par l'être humain .

Cela est normal du fait de l'utilisation d'une infime partie du cerveau quant à la perception du temps et de l'espace, du fait comme ils disent que métaphoriquement il peut être considéré comme une éponge mouillée .

D'où la création du noeud borroméen par les psychanalystes pour décrire trois cercles noués entre eux afin de décrire une structure subjective ( entre le réel, le symbolique et l'imaginaire ) .

 

 

 

 

26-03-18

Le degré d'intensité des idées envahissantes .

Le déroulement de la cure montre l'origine principalement de deux facteurs de naissance des idées envahissantes, l'un suite à un développement de connaissance intérieure approfondie de l'individu, tandis que le deuxième facteur serait lié à une série de refoulements secondaires très importants dans le temps, très généralisés avec l'âge de l'être humain, qui conduit ce dernier à se culpabiliser en faisant sien le fait d'avoir raté sa vie comme il le croit à tort . N'oublions pas que l'individu doit passer d'un stade caractérisé par le temps pour comprendre afin d'aboutir à un temps pour conclure .

C'est finalement admettre que l'évolution psychique est objective d'une part, et que d'autre part l'individu est dominé par la force de l'ambivalence qui l'anime . ( D'où ce sentiment de culpabilité fréquent et généralisé chez les gens ) .

Si ce dernier facteur est intéressant à analyser au niveau de la symptomatologie clinique, c'est qu'il fait intervenir la notion de signifiant ( synonyme de manque et de désir qui constituent les éléments du langage ou du symbolique ), car cette intervention se fait suite à un système de frayage dans le cerveau de la personne concernée liés aux refoulements importants répétitifs, dont leur source vient de l'interdit de l'inceste, et donc du complexe d'oedipe, et aussi par un système d'étayage d'où naît la pulsion à partir du besoin, le tout dans un circuit représentatif signifiant, lieu d'investissements et de désinvestissements intersubjectifs, à la fois intrinsèque et extrinsèque à tout individu, qui a un effet sur le Moi de tout un chacun jusqu'à l'inquiéter . D'où cette inflation de mémorisation signifiante dans le cerveau qui a la particularité d'advenir par séquences périodiques sans intervention de nos volontés . Ces circuits se composent de liaisons à des traces mnésiques qui s'accomplissent sur le mode de l'hallucination .

Il faut signaler que dans cette insistance de ce discours envahissant intérieur, le " ça parle " dans le cerveau, conduit donc à ce que ce soit ici en l'occurrence le symbolique qui parle, par opposition au réel qui s'exprime notamment dans le cérébral du psychotique .( D'où le fait que le psychotique connaisse un déficit de communication avec les autres dû à son ratage dans le refoulement . ) .

Dans le cadre du développement de la connaissance approfondie intérieure (  premier facteur ), cela débouche nécessairement à ce que le sujet de l'inconscient soit condamné à se mouvoir dans une interdépendance et dans une intersubjectivité, qui de spectateur va le faire devenir acteur .

Conscient par là-même des évolutions, et donc créateur avec une profusion d'idées et de pensées fécondes issues de l'Autre ou grand autre . On voit bien que ce Dernier va devenir le fédérateur de nos désirs dans la sphère de l'intersubjectivité et de la transindividualité qu'Il implique par sa nature, le tout dans un flux signifiant, balisé par une chaîne signifiante déterminante .

On voit bien que la psychanalyse réussie va permettre à un individu d'être non pas au minimum acteur, mais plutôt observateur éclairé des ratés individuels et sociaux de ses semblables .

Pour finir, quand les idées envahissantes se présentent comme négatives, il faut tout de suite les évacuer comme étrangères . Mais bien analyser celles qui s'imposent positivement à la personne . Car elles sont inscrites dans un flux de signification et de compréhension de sa propre évolution .

 

 

27-02-18

déterminations symboliques

La notion de symbolique dans la psychanalyse lacanienne est équivalente à la notion de langage, au sens saussurien du terme ( rapport signifiant / signifié, considéré comme des éléments constitutifs du langage, avec primauté du phallus analysé comme cause du désir, et donc modalité et finalité du discours ) .

Sa particularité réside dans le fait qu'il détermine l'être humain.

Employé comme substantif masculin, il désigne l'un des trois registres essentiels avec l'imaginaire et le réel.

Le symbolique est l'ordre du signifiant par lequel le sujet advient et détermine l'inconscient du sujet comme discours de l'Autre ( matérialisé par la notion de désir, qui fait de l'être humain un sujet parlant désirant, à l'intérieur d'une chaîne elle-même désirante intersubjective et transindividuelle ) .

Durant tout le déroulement de la cure et jusqu'à sa fin, l'analyste doit s'atteler à ne se préoccuper que des déterminations symboliques de son patient, l'analysant.

Ce n'est qu'en fin de cure qu'il lui livre la signification de ses dits, à placer dans la chaîne parlée, la chaîne des signifiants.

C'est dans cette chaîne que le sujet parlant exprime son désir.

21-01-18

Les séances en psychanalyse .

C'est à partir des séances de cure analytique que s'est élaborée la théorie psychanalytique .

A la fois sur un plan qualitatif (par l'élaboration de ses principaux concepts), et sur le plan quantitatif (par l'élaboration de compte-rendus de fin de séance), sans compter les règles régissant au mieux les attitudes de l'analysant et de l'analyste afin de favoriser au mieux la libre circulation de la parole, décrite dans la théorie de la libre association.

Il ne s'agit pas ici de développer certaines règles (développées amplement dans ce blog) quant au développement d'une cure, mais plutôt d'insister sur le rôle des principaux acteurs que sont l'analysant et l'analyste .

Même si les compte-rendus démontrent des aspects généralisés semblables à tout individu, il n'en est pas moins vrai qu'une analyse reste et relève du particulier, suivant  et confirmant en cela le caractère unique de la trace A.D.N. dans le domaine scientifique .

D'ailleurs c'est l'analysant qui domine lui-même l'orientation de sa propre cure, comme si le sens de sa vie était déjà déterminé à son insu, et qu'il porte en lui-même,  intrinsèquement lié à sa constitution subjective ( voir la théorie du fatum issue du refoulement originaire, notamment l'oracle destiné à Oedipe )

Et cette situation ne lui pose aucun problème quant à l'issue du débat . D'où le silence du psychanalyste qui comprend que son curiste travaille par sa parole à se positionner sur une chaîne intersubjective de désirs et de manques .

C'est comme si symptômes et pathologies psychiques se découvraient dans leur nature propre, d'éléments moteurs, eux-mêmes passages obligés dans développement et évolution de l'être de langage, qu'est l'humain .

N'avions-nous pas dit déjà que l'orientation du langage était de retourner vers le Verbe . Et que tous les moyens utilisés par le premier pouvaient même être très extrêmes dans la psychopathologie clinique .

05-12-17

Destin et psychanalyse

Cantonner la psychanalyse à une étude intrinsèque de l'individu correspond à un non-sens phénoménal ,  voire même à une incompréhension de son domaine .

Quand on sait que l'organisation psychique personnelle se construit au fur et à mesure de son développement en continuel réaménagement tout le long de son devenir , il va de soi que , sans déconsidérer l'influence des étapes du passé , il s'agit plutôt de vérifier les étapes actualisées de l'individu eu égard à ses environnements successifs .

Et très vite on se rend compte de l'importance qu'elles ont eu pour influencer l'analysant tout le long de son devenir .

Freud avait raison de souligner le rôle fondamental du processus du refoulement originaire en tant que créateur de la naissance du sujet de l'inconscient , mais tout le travail restait à faire quant à l'importance des refoulements secondaires qui se manifestent au jour le jour , et qui ont comme conséquences de faire mouvoir l'individu dans des directions dont il n'a jamais le recul suffisant pour en apprécier la direction. Bref , il est sans arrêt " précipité " à force de ne pouvoir se retenir.

Les actions du destin sont , en psychanalyse , matérialisées par les dits et gestes des autres " parlêtres " , qui ont comme caractéristique d'influencer .

Et à force d'avoir refoulé , l'individu va prendre conscience au bout d'un certain temps qu'au lieu d'être il a sans cesse été .