se comprendre pour comprendre les autres

10-08-19

Mécanisme de défense .

L'expression de mécanisme de défense est utilisée en psychanalyse pour désigner différentes opérations psychiques visant à préserver l'intégrité , l'unité et l'équilibre du Moi .

C'est suite aux manifestations pulsionnelles que se met en jeu tout ce mécanisme défensif .

Se déploie donc au niveau du Moi toute une gamme de parades protectrices et stratégiques vis-à- vis du mouvement de méconnaissance du désir inconscient .

Et ces manifestations signifiantes ( qu'on peut qualifier aussi de désirantes ou "manquantes" , pour ce dernier terme à prendre dans son sens propre de manque ) sont inconscientes . Il est frappant de noter que le plus souvent ce mouvement du désir inquiète l'être humain , jusqu'à désespérer de le faire disparaître et de l'exclure en vain , voire même de vouloir le revoir ressurgir par ambiguïté ( ce qui est le propre du fonctionnement psychique de lier sans cesse le plaisir à son contraire) .

Jacques Lacan disait que l'être humain était parasité par ces pensées envahissantes que le désir produisait . ( puisque le désir est le lieu-même du manque ) .

Nous ajouterons que l'être humain doit relever sans cesse des défis vis-à-vis de ses pensées issues de l'Autre , ou grand autre, d'où s'originent les signifiants .

 

 


22-07-19

Le grand autre ou Autre .

Une fois nés nous allons nous constituer pour l'avenir dans un bain subjectif de type affectif déterminant .

Nous en connaissons la genèse ( voir refoulement originaire ) via un stade du miroir qui fait que l'infans se voit s'articuler et se mouvoir devant une glace , d'où il va jubiler le plus souvent face au regard signifiant ( ou désirant et manquant ) de sa mère , et par là-même commencer à appréhender le morcellement de son corps, qui va être à la source de la naissance de son attirance pour ses organes et la future création de ses pulsions partielles , elles-mêmes façonnées par les stades de son devenir .

C'est le prélude à toutes les opérations de construction de la personnalité à travers les notions de narcissisme, d'identification, d'imaginaire, du Moi, d'investissements sexuels sur les parents et autres ... Qu'on a amplement traité dans ce blog .

C'est à partir de là que tout individu va rencontrer l'Autre dans son devenir . Et cette rencontre n'est pas sans difficulés . Car l'Autre est un creuset, mieux un fonds commun intersubjectif fait d'ambiguïté, et surtout constitué en chacun de nous d'un discours impossible à taire et constamment réprimé .

En théorie personne dans le domaine psychanalytique n'a pu l'appeler autrement qu'avec une majuscule . L'Autre va être la destination du discours de chacun et permettre surtout la constitution de tout être humain dans une chaîne parlée de signifiants ou de désirs .

16-06-19

La névrose .

La psychanalyse voit dans la névrose une affection d'origine psychique, dont les manifestations, les symptômes, ont un sens qui se révèle être une expression symbolique ( de langage ) d'un conflit inconscient qui va devoir se résoudre dans un compromis entre un désir et une défense .

C'est dans l'instauration du complexe d' Oedipe que la névrose va déployer l'éventail des variations possibles que la contingence de l'existence individuelle lui imprime .

Longtemps le caractère psychogène des névroses apparaissait comme une raison suffisante pour en faire une catégorie servant de zone d'attente, utile pour inclure des groupes de signes cliniques difficiles à intégrer dans des shémas pathogéniques hypothétiques .

La psychanalyse situe les névroses dans les avatars de la relation intersubjective fondamentale, car elles vont devenir des figures qui s'ouvrent sous forme de pièges possibles dans la situation du sujet, en tant qu'il est sujet de la communication .

Et c'est dans ces espaces intersubjectifs déterminants pour le devenir des êtres humains, que vont s'opérer ces sièges névrotiques narcissiques aboutissant le plus souvent à des dialogues de sourds, dont chacun n'a d'oreille pour le message d'autrui qu'à condition que ce soit le sien propre .

 

24-05-19

Mathèmes lacaniens

Les mathèmes, graphes et schèmes lacaniens, étaient destinés à cerner l'être humain.

Très vite ils ont montré leur inefficacité, du fait de l'incernabilité de l'être humain.

Poursuivant le dévoilement d'une vérité singulière, Freud invite le sujet à descendre à chaque fois les marches menant devant les portes fermées des sous-sols enfouis de la subjectivité, au désespoir des illusions du sujet.

Car chaque porte ouverte révèle le début d'un nouvel escalier, réveille le début soupçonneux d'un vertige incessant.

La psychanalyse constituerait-elle une figure culturelle fragile?

Au-delà de ses vicissitudes, elle s'emploie à rendre sensible l'insistance d'un autre discours, d'un discours sur l'Autre.

On pourrait penser qu'elle construit par ses élaborations un labyrinthe vide.

Son but audacieux est de réveiller dans le labyrinthe de la mémoire d'un Thésée endormi le souvenir d'un Minotaure mytique.

07-04-19

Le refoulement : une caractéristique fondamentale de l'être humain

Sans rentrer dans l'analyse théorique de la nature du refoulement , on peut simplement dire qu'il est inhérent à la constitution même du sujet de l'inconscient.

Jacques Lacan avait utilisé l'expression de moins un ( "moinz - un " ) pour le caractériser .

Pour traduire sa pensée il faudrait la faire correspondre à la métaphore de soustraction : l'être humain est une soustraction à sa naissance .

Soustraction de ses pulsions premières à l'égard de l'autorité parentale , que les psychanalystes classiques considèrent comme des pulsions anarchiques.

N'empêche que cette opération de refoulement va instituer le sujet de l'inconscient tout le long de son devenir.

Là où personne se rejoint dans le milieu psychanalytique , c'est quant à la nature même des conséquences de l'opération de refoulement dans le psychisme de l'être humain , qui se caractérise par ses réveils brusques du fait d'une inflation de pensées envahissantes , le plus souvent contraignantes , et qui ont la particularité de le contraindre , à défaut de le surprendre.

Si l'analyste doit faire suspendre dans le psychisme l'intention de signification consciente de son patient , que le refoulement a créé , il n'empêche qu'il est obligé de lui livrer le sens de cette situation.

Pourquoi à tel moment ,  cette pensée jaillit dans le conscient de l'être humain à laquelle ce dernier n'aurait jamais pensé auparavent ?

Si une psychanalyse ne s'oriente pas dans cette démarche , elle devient "une plaie" pour le patient , comme aimait à le dire Jacques Lacan.

 


04-03-19

Le sens psychanalytique lié à l'intersubjectivité.

Pour appréhender une psychanalyse au plan théorique, il faut se situer sur le point de convergence de deux axes majeurs de son domaine, que sont d'une part sa conception du sens et des conditions où il trouve son assise, et d'autre part la compréhension de la situation intersubjective comme déterminante de la subjectivité individuelle.

La psychanalyse rend possible la restitution au sujet des moments importants de son passé, non pas en les confirmant comme des évènements qu'il suppose avoir vécu, mais en les considérant comme des moments à chaque fois particuliers d'organisation du réel, régis non pas par la raison individuelle mais par la forme véritablement dialogique des conditions intersubjectives qui les ont déterminés.

Le sens quant à lui est intimement lié aussi à la place qui occupe autrui. Cela devient sensible sous la forme de la pontuation du discours de l'analysant tout au long de sa cure par le poids dont se charge son défilé sous l'incidence du transfert ( forme originale de relation entre l'analysant et l'analyste qui s'établit au sein de la cure analytique ) .

La visée ultime de l'analyse est donc bien l'explicitation du désir inconscient, non pas tant comme recouvert par la poussière du temps mais  pouvant émerger par sa signification nouvelle.

En fait l'être humain doit advenir et être ce qu'il doit être, même dans les plus grandes difficultés qui n'existent, que pour le faire grandir .

 

 

26-02-19

La dynamique de l'Autre .

Une fois constitué, suite à un processus long et complexe fait de recentrage narcissique à connotation sexuelle, l'être humain va se retrouver confronté à la dynamique de l'Autre, véritable réservoir de désirs, qui lui-même va devenir le désir de l'Autre .( Comme coupure entre signifiants, représentant d'autres signifiants et non l'individu en tant que tel, qui vit dans l'entre-deux, voire qui s'éclipse ) .

Ce qui faisait dire à Jacques Lacan après l'analyse de ses patients, que ressurgissait en eux le même questionnement, à savoir que me veut l'Autre ?

En fait l'Autre n'a la seule consistance du langage de l'ensemble des êtres avec lesquels on rentre en relation à travers nos relations intersubjectives .

D'où la difficulté que nous avons à comprendre que du langage il n'y a que le désir ou le signifiant à interpréter . Bref tout ce n'a trait qu'à la subjectivité agissante dans son manque, lui-même se construisant et se déconstruisant en même temps, et en permanence .

Mais ce désir reste déterminant pour l'être humain .

Nous verrons ultérieurement que ce langage désirant ou signifiant qui constitue l'Autre, est le fruit d'un développement issu de l'instinct dont il s'est détaché, pour aboutir au Verbe dont parlent les religions dans une quête inespérée .

C'est à partir de la deuxième topique freudienne de l'inconscient ou du ça que va se développer quelque chose d'insistant dans chacun de nos psychismes, notamment dans nos pensées envahissantes impossibles à taire ainsi que constamment réprimées .

 

20-01-19

Relations entre soi-même et les autres en psychanalyse : réussir dans la vie ou réussir sa vie .

L'altérité est déterminante en psychanalyse et nécessite une approche immédiate . Il faut le répéter le désir est fondamental pour tout être humain, notamment dans notre époque contemporaine du fait de l'invasion de l'image . Ce que l'on rencontre chez les curistes au cours d'une analyse c'est cette envie d'être à la fois connu et reconnu . Mais nous allons le voir la sortie réussie d'analyse va conduire à un tout autre résultat .

Le problème de l'altérité va se poser à tort chez tout un chacun comme le fait de se sortir de la solitude . C'est oublier que l'altérité irréductible de l'être humain va se situer sur les plans objectif et subjectif, car dans le premier cas elle va se matérialiser par le fait d'avoir une activité sociale et personnelle permanente, et dans le deuxiéme cas l'être humain va ressentir le besoin de se retrouver habituellement entouré de personnes . On voit bien que dans ces deux situations c'est bien pour l'individu le fait d'être en permanence occupé, par peur du vide et de l'ennui, voire par l'angoisse d'une routine permanente .

Mais l'impression de solitude est toujours présente malgré le fait d'être en permanence occupé . Si on analyse bien la situation c'est que rien ne décrète que le sens de nos vies consiste à déboucher vers un caractère intersubjectif humain . La fin d'analyse montre que c'est l'individu lui-même qui a orienté le plus souvent son analyse vers une recherche approfondie de connaissance et de compréhension de soi-même loin des canons du regard des autres, et qu'en fait la cure aboutit à une volonté de dépassement du désir élément constitutif du langage ou du symbolique . Quand on étudie les analyses de Reeves sur nos origines venant d'éléments constitutifs de météorites s'abattant sur notre planéte, voire même sur d'autres planètes, on comprend bien qu'il faille s'éloigner des théories des fondements de la psychanalyse s'intéressant aux prémisses de la motivation : par exemple pourquoi nous serions attirés  par l'amour de la nature ?

Sans analyse on discerne bien que nos façons de vivre ne sont victimes que de nos fantasmes et de nos mirages . Tout compte fait n'y aurait-il pas ici en l'occurrence les deux facettes de la personnalité humaine ? A savoir le corps et l'esprit, et que la soi-disante solitude devient une étape décisive de connaissance de son âme qui posséde un langage bien particulier .

Comme disait Jacques Lacan, tout individu est dominé par sa " langue" et devient donc un " parlêtre ", aboutissant nécessairement à une glose sur l"altérité, qui dans un certain sens semblerait le conduire à une loghorrée permanente, dans laquelle aucun de ses dits ne se rattache à des éléments de la chaîne signifiante .

Il faut se l'avouer à soi-même, ce n'est pas entouré qu'on avance dans la connaissance intérieure . Car à force de gloser on s'oublie et s'éloigne, tributaire de nos mirages internes .

 

21-12-18

La partition en deux parties de l'être humain en psychanalyse : clivage du Moi et division du sujet .

C'est grâce à l'étude des psychoses et de certaines perversions qu'on a pu constater et aborder le dédoublement de personnalité . 

 Le Moi de par sa complexité, instance importante de tout être humain était étroitement lié à la lutte que se livraient dans nos intérieurs psychiques les composantes jalouses de leurs fonctions propres, et le tout dans un contexte énergétique très marqué . ( Lacan aimait souligner en privé qu'en nos seins existaient des guerres d'une rare violence, marque de forces vitales ) . 

 Dans le cadre de la division du sujet on aboutit à une opération fondatrice de la subjectivité qui marque l'accès et la soumission du sujet au langage comme ordre symbolique .

 Avec toutes les conséquences que cela implique à savoir, inscription dans une chaîne signifiante composée d'éléments constitutifs du langage, et faisant ainsi de nous des sujets de l'inconscient .

 

Ainsi ces thèmes deviennent des questions capitales de la psychanalyse, car ils font intervenir le Moi ( dépendant de l'appareil psychique ) et le sujet de l'inconscient dont nous sommes tous tributaires ( en tant que faisant partie du langage ) .

L'étude de la psychose et du fétichisme a permis à Freud de dégager un phénomène original du fonctionnement psychique qui consiste en la coexistence simultanée au sein du Moi de deux attitudes contradictoires , " l'une qui tient compte de la réalité , l'attitude normale , l'autre qui sous l'influence des pulsions , détache le Moi de la réalité " .

Au départ il avait relié tout cela aux effets du refoulement .

Il a mis ensuite en évidence un processus se démarquant du modèle du refoulement , dans la mesure où il présente la particularité " de ne pas aboutir à la formation d'un compromis entre les deux attitudes en présence , mais de les maintenir simultanément sans qu'il s'établisse entre elles de relation dialectique ".

Cette analyse était l'aboutissement de recherches surprenantes lors du déroulement des cures analytiques , du fait que les analysants livraient des paroles que Freud avait du mal à rattacher à leurs personnalités propres , mais au contraire apparaissaient étrangères à leurs constitutions subjectives , jusqu'à apparaître transindividuelles .

Cette étude dans le domaine des pensées et idées envahissantes pouvait aussi s'appliquer dans le domaine des rêves , surtout ceux prémonitoires qui deviennent de véritables voyances décrites par Claude Levis - Strauss dans l'analyse des croyances des tribus , ou dans les travaux de Jakobson .

Nous remarquerons que ces idées envahissantes se développent aussi à un certain âge , notamment celles liées à la culpabilisation , et que , dans ce dernier cas elles deviennent insistantes , à défaut d'être surprenantes de par leur étrangeté , pour le sujet de l'inconscient lui-même .

C'est l'admission du sujet au langage suite au refoulement originaire , qui explique ce phénomène linguistique .

Et les insistances de ces paroles cérébrales ne sont que le constat d'un langage en continuelle construction , d'un symbolique angoissé de ne pouvoir se réaliser sûrement et qui se sert des individus pour s'exécuter .

Mais surtout cette analyse spécifique du Moi ne doit point nous faire oublier qu'il fonctionne inconsciemment, de façon on pourrait dire hypnotique, voire anesthésiante.

16-11-18

Le désir du psychanalyste .

Le désir du psychanalyste avait été systématisé par Jacques Lacan  sur le plan théorique  suite à l'élaboration de la notion elle-même irrationnelle de la passe .

Reprenons le schéma scientifique de cette démarche intellectuelle .

Nous savons maintenant que Lacan avait une orientation multidisciplinaire liée à sa formation elle-même complexe , comme d'ailleurs celle de Sigmund Freud , qui rappelons-le ici était un assoifé de connaissances, comme le furent tous les psychanalystes de l'époque, mélangeant philosophie et littérature de l'Antiquité .

Nous avions déjà souligné dans ce blog que nous étions tous soumis via le refoulement originaire au passage obligé du complexe de castration , et cela dès notre naissance , dès notre " plus france entendre " comme aimait le souligner Hergé .

L'analogie de cette règle se retrouve en droit positif , dans la règle que tout le monde est soumis à la loi , voire que " nul n'est censé ignorer la loi " .

D'ailleurs nous verrons ultérieurement que l'esprit de la psychanalyse a d'innombrales similitudes avec l'esprit de la loi  , dont les applications sont multiples dans le droit jurisprudentiel .

Le déroulement de la cure livre à la systématisation théorique deux acteurs qui se neutralisent , 1 ) d'un côté l'analysant tributaire du silence de son psychanalyste , silence qui le surprend , 2 ) l'analyste qui laisse la parole libérée de l'analysant s'agencer et s'orienter sans l'intervention du premier , lui aussi surpris .

A la fin d'analyse le psychanalyste permet la sortie de cure de l'analysant par la livraison de dits que l'analysant a exprimé en situation allongée , à condition bien entendu que ces paroles s'inscrivent dans la chaîne signifiante .

Car si ce n'est pas le cas , cette dernière continuera d'insister dans les réveils brusques du patient lui signifiant le quasi-échec de sa sortie de cure .

Dans une cure on le voit bien deux désirs se côtoient , celui de l'analysant et celui de l'analyste , deux désirs qui participent sur deux plans différents à l'évolution commune d'un langage en continuelle évolution , comme dans la nature avec l'instinct .